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« Une cigarette s'allume...

« Une cigarette s'allume...

Une forêt, quasiment primaire, s'étalant sur des centaines de kilomètres carrés. Toutes sortes de faune et de flore la peuple ; arbres gigantesques et centenaires, insectes invisibles, prédateurs en tous genres...
Une saignée, rectiligne, coupe cette sylve vierge. Une étendue de bitume. Deux voitures, pleins phares. Vitesses au dessus de la réglementation.
Un bruit résonne dans les sous-bois, un claquement sourd. Un choc frontal. Pas de freinage.

La tôle se froisse, tel un accordéon de mauvaise facture jouant un air triste. Petit à petit, centimètre par centimètre.
Mais ce n'est pas pour autant que tout s'arrête. Un homme, relativement svelte, un peu chauve, cigarette à la main, quitte son siège en faux cuir, flottant dans l'habitacle de sa voiture pour quelques instants. Le pare-brise se fendille, puis se fissure au contact de sa boîte crânienne. Et enfin, le verre se brise, dans un ultime effort, permettant la fuite de l'homme vers l'espace. Il vole désormais, dispersant des larmes de douleur dans l'air.
Le ballet singulier des tôles n'est pas encore terminé : le deuxième acte commence à peine. L'accordéon continue de jouer sa litanie, tandis que la mécanique se rencontre, presque tendrement. Et, comme dans tous rapports de force, l'une est plus puissante que l'autre, l'écrase, la repousse. La première fait reculer l'autre aux confins d'elle-même, fait craquer son cocon. Elle est tellement acculée qu'elle rencontre pour la première fois de longues et fines jambes de femme. Qui craquent littéralement face à sa puissance, cèdent sous ses avances, et se font dévorer jusqu'au bassin.
Ces jambes appartenaient à une femme, qui eût été belle, à une époque. C'était d'ailleurs son métier, d'être belle ; elle était une égérie pour une marque de luxe. Une pointure, comme top-modèle : elle s'était fait connaître à l'adolescence, et coulait désormais des jours paisibles et coquets. En témoigne le collier en diamant qui serre et déchire maintenant son cou gracieux. L'airbag s'était effectivement déclenché, mais, pour une raison quelconque, refusait de se dégonfler, semblant se plaire au contact de ses lèvres fines et bleues. Elle étouffe, mais ne peut rien faire.
Elle n'a même pas la chance de voir l'Icare, planant au dessus de sa décapotable. Lui, toujours dans les nuages, vaguement conscient, la regarde. Et subit son châtiment, s'écrasant quelques mètres plus loin, dans la poussière, sous le regard vermillon des phares.
L'airbag se dégonfle lentement, déposant affectueusement la tête de la femme sur le volant.



... Une cigarette s'éteint.
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