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Premier chat-pître

 Premier chat-pître

Une étendue de sable, rougeoyant sous les reflets du soleil agonisant, vivant ses dernières heures de la journée. Ici et là, des dunes, manifestations sporadiques du vent millénaire. Un homme, seul, continue pourtant de marcher vers un but que lui seul connait. Ses pas sont lourds, chargés de fatigue, de lassitude. Lassitude qui est peinte sur son visage, tel un vieil homme. Depuis combien de temps marche-t-il ? Pourquoi donc s'enfonce-t-il dans le désert ainsi, avec à peine quelques outres d'eau ? Il porte également sur son côté une sacoche usée, semblant contenir quelque chose d'assez lourd pour tendre le tissu de celle-ci, ainsi qu'une vieille carabine à deux coups.



Il trébuche, tombe dans le sable encore brûlant, et peine à se remettre sur pied. Il dévisse le bouchon d'une outre, boit lentement le précieux liquide, savourant chaque gorgée de vie, et la jette. Il ne lui reste plus que trois gourdes. Il se remet enfin en marche, et, quelques pas plus tard s'immobilise. Il se retourne. On peut lire la frayeur sur son visage. Il jette un regard autour de lui, et se précipite vers une dune, l'escalade et saute derrière, avalant du sable couleur sang. Au fur et à mesure que le bruit s'amplifie, le visage de l'homme se crispe de plus en plus, jusqu'à en devenir une grimace lugubre. Mélange de terreur et de soulagement. Sa fin est proche, il le sait, c'était écrit.

Surmontant sa terreur, il saisit sa carabine, l'arme et scrute l'endroit d'où vient le bruit, vers l'horizon. Il ne se laissera pas vaincre comme ça, sans rien emporter avec lui dans les ténèbres, c'est une certitude pour lui. Il s'en est fait la promesse.

Le bruit ne cesse d'augmenter, cliquetis effroyables mêlés à de lointaines conversations. Ces sons ne sont pas sans lui évoquer les mois qu'il a passé là-bas. Mais il avait préféré oublier, se fiant au destin qu'on lui avait énoncé. L'homme croit apercevoir un éclair de lumière à quelques centaines de mètres, derrière d'autres dunes. Il retient sa respiration. Ils ne vont pas tarder à arriver. Il se doit d'être brave, de faire honneur à son destin. Il se met en joue, et tout à coup, le bruit cesse ; le soleil vient de s'éteindre à l'horizon. Plus un son n'est perceptible, mis à part le souffle vent dans ses oreilles. Quelques minutes passent ainsi, l'homme en joue derrière la dune, son fusil pointant l'horizon. Rien ne se passe, le sablier du temps semble s'être arrêté sur ce morceau de planète.

Soudain, un mugissement sourd, profond, emplit l'atmosphère. C'est un chant, un chant funéraire dont nul ne peut témoigner l'avoir entendu. Ce chant se décline dans les graves, si beau, signifiant tellement de choses, entre chaos et miséricorde, Apocalypse et avènement. L'homme est comme absorbé par cette mélodie sans âge, ne ressemblant à aucune autre qu'il n'ait déjà entendue.

Un bruissement dans le sable derrière lui le fait se retourner. Il n'a le temps de rien faire, et se retrouve face contre terre, du sang coulant de la commissure de ses lèvres. L'Autre lui arrache sa sacoche, et marche vers l'horizon, en direction de la funeste mélodie.
Les derniers mots de l'homme qui résonnèrent dans le désert furent : " Et ce n'était donc que ça ... "

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