Fin de journée
Il m'a regardé, et il est mort.
Il m'avait demandé une cigarette, pauvre vieil homme promenant son chien fatigué, sans émettre un son : seulement ses yeux ancrés dans les miens, son index et son majeur tendus, portés sur la bouche. J'étais là, je ne faisais rien de spécial -je profitais des rayons de soleil-. Je l'ai aperçu du coin de l’œil, mais n'ai pas voulu le voir : il s'avançait, tirant son chien, et s'est planté devant moi, ses yeux prenant racine dans les miens.
C'était une cigarette roulée que je lui proposais : il a vu un joint. Il m'a regardé à nouveau, lueur de peur, d'incompréhension, d'étonnement ? Un borborygme s’éjecte sans force d'entre ses lèvres, et tombe à terre avant que je ne puisse en saisir la signification. Il tire sur la laisse de son chien, continue à me fixer et repart, clopin-clopant, une main derrière le dos, l'autre accrochée à son chien.