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A Moroccan Journey - Première partie dans Vidéos

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Islande, cinquième partie dans Voyages

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Fin de journée, dans le Blog



Islande, quatrième partie.

Islande, quatrième partie : "Des dinosaures et une cascade de 130m de haut"


Note au lecteur : première partie disponible ici, la seconde ici et la troisième ici. On peut toujours agrandir les photos en cliquant dessus (ce sera de meilleure qualité).

24 Juin
Écrit le 25 à Bogarnes 


Wade m'avait prévenu qu'il était un lève-tôt. Je trouvais ça dommage de se quitter comme ça, et coup de chance, j'avais oublié d'enlever mon réveil de la veille : 6h du matin. Mon réveil sonne, j'entends du bruit dehors, j'ouvre ma tente et sors ma tête : Wade est en train de replier sa tente. Le temps que j'émerge, on s'était déjà dit au revoir, et il était monté sur son vélo. Petit-déjeuner dans cet endroit sublime, avec le roulement de la rivière en fond sonore, et il faut repartir. Je me remet à marcher sous le soleil déjà bien haut alors qu'il n'est que sept heures et demi. Une première voiture passe vingt minutes plus tard. Je me retourne, lève le pouce : elle s'arrête ! Deux gars à l'intérieur, d'une quarantaine et vingtaine d'années. Je leur dit que je vais à Glymur, ils me répondent qu'ils travaillent à côté en tant que mineurs.
Le fjord défile à toute allure sur notre gauche, somptueuses montagnes tombant dans ce que l'on pourrait croire être un lac. Bientôt, je vois Wade, arrêté sur le bord de la route, lisant les panneaux d'informations. Une dizaine de minutes après, ils me laissent à l'entrée du sentier qui va vers Glymur.
   

Bienvenue ... !



La cascade est tout au fond du fjord, et plus j'avance, plus j'ai l'impression de remonter dans le temps, de revenir aux premiers millénaires de la Terre. Après une demie-heure de marche, j’atteins le véritable début du sentier de randonnée. Mes pieds me font déjà mal, mais tant pis. Je me met en route sur le chemin, et cette impression de revenir aux sources de la vie est toujours plus prégnante. Des dizaines de torrents saignent la montagne, des sommets enneigés surplombent la vallée verdoyante... Je suis seul au milieu de tout ça. Finalement, j'arrive à la rivière qui courre après la cascade.  Un grand soleil me surprend ici, illuminant le paysage. Je suis sur un promontoire qui surplombe la rivière, puis la vallée derrière, en arrière plan le fjord. Les nuances de verts sont magnifiques, contrastant les montagnes désolées. Ici et là, des touches de bleus/violets, des plantes dont je ne connaissais même pas l'existence. Je ne vois toujours pas la cascade, mais peux la deviner au fond de la gorge où volent en cercle des oiseaux. Je verrais un diplodocus passer que ça ne m'étonnerait pas, un sentiment de pureté se dégage de cet endroit magnifique ... 


La vallée, et au loin le Fjord.


Pour rejoindre le dernier bout de sentier qui monte à la cascade, il faut traverser la rivière sur une sorte de pont de singe constitué d'un tronc d'arbre d'une dizaine de centimètres de largeur et d'un filin en fer, en hauteur. J'ai toujours mon sac d'une vingtaine de kilos sur le dos, mais je me lance. J'ai surtout peur pour mon appareil photo... Au milieu du pont, je manque de perdre l'équilibre, malgré le filin ! J'ai perdu le sentier "officiel" à partir de ce moment là, et j'ai pas mal de difficultés à me hisser à travers le chemin escarpé que d'autres ont empruntés avant moi. Mes jambes me tirent de plus en plus. Finalement, déjà trop fatigué, de décide de laisser mon sac derrière un buisson, et de finir l'ascension sans lui. Le chemin fait traverser deux ou trois ruisseaux, j'en profite pour remplir mes bouteilles.
D'un coup, une douleur dans le genoux droit. Je m'arrête, et m'étire un peu. Je repars, mais quelques dizaines de mètres après, ma jambe lâche toute seule alors que je marchais. Je n'ai qu'aperçu de loin la cascade, je décide de monter encore un peu, histoire d'avoir une meilleure vue. Ma jambe me fait mal, j'aperçois en haut des personnes. C'est vraiment trop loin pour moi ... Je me pose quelques minutes à l'endroit où on voyait le début de la cascade, et commence à redescendre.
Après une marche difficile, j'arrive finalement au début du sentier. Il tombe des gouttes. Je m'assois, déjà exténué, et décide d'attendre la fin de l'averse pour repartir. Sur le chemin du retour, pour rattraper la route du fjord, deux voitures passent sans s'arrêter. Finalement arrivé sur la route, une voiture passe : je crois qu'elle ne va pas s'arrêter, mais finalement ralenti et m'attends : je "courre". Cet homme, qui travaille dans une ferme du coin, me dépose à une station service, l'unique station service du fjord. J'en profite pour acheter de quoi me faire des sandwiches. Je suis déçu par rapport à ce matin, j'aurais bien aimé voir la cascade, vraiment. Je reprends la route, droite, déserte. Quinze minutes, deux voitures passent.

Histoire de...


Je passe devant le camping gratuit du fjord, et aperçois le vélo de Wade : lui est en train de monter sa tente. J'hésite à aller le voir, mais je n'ai pas envie de le déranger. Il semble regarder dans ma direction, je lui fais un signe : sans réponse. Je trace. Quelques minutes après, il me rejoint : on discute pendant que je continue à marcher. Une trentaine de minutes et quelques voitures plus tard, une camionnette s'arrête. Le jeune qui la conduit retourne à Reykjavík, il me demande où je vais. J'hésite entre Akranes, vers Reykjavík, et Bogarnes, plus au nord. On arrive au carrefour fatidique, je dois choisir. J'opte pour le Nord. Je marche quelques mètres, et trouve un endroit parfait pour faire du stop. Une voiture s'arrête peu après : un couple de petits vieux me demandent quelque chose en islandais : je ne comprends rien. Je leur dit "Bogarnes", et il me semble comprendre que c'est également leur route. Une fois dans la voiture, la grand-mère me dit quelque chose que je ne saisis pas. Elle répète, mais je ne comprends toujours pas. Elle me disait de mettre ma ceinture de sécurité ! Elle se marre, et on démarre. Le paysage défile à toute allure. Elle retente de me parler, mais impossibilité de se comprendre... La fin du trajet se ponctue par quelques phrases échangées entre les deux. 

Ils me déposent à la station-service de Bogarnes, et je tente de les remercier. Je crois qu'ils m'ont compris. Je regarde autour de moi, et je me demande si j'ai bien fait de choisir Bogarnes... Trois stations-services, trois ou quatre magasins... Un nombre de voitures incalculables... Je suis crevé, tant pis. Je me dirige vers le camping : un rectangle d'herbe au bord de la route principale m'attend. Je regarde dans mon guide, pour vérifier s'il y a un autre camping. Il semble en avoir un autre, mais il n'est pas bien indiqué. Je vais demander à la station-service, et une espèce de Brad Pitt sortit tout droit de Burn After Reading ne me répond rien, se contentant de sortir de la station en mâchant son chewing-gum, la main dans le froc. Je le suis, me demandant ce qu'il fabrique. Sa main se lève en direction de l'autre rive de la rivière, à deux ou trois kilomètres de là. Merci pour l'info. J'aurais du rester dans le coin paisible ou Wade s'était posé... 
Pour moi, ce soir, ça sera le rectangle d'herbe à côté de l'autoroute islandaise.

Yup... Ca tue.

Tous les articles de Wade sur l'Islande sont disponibles ici. Moi, j'aime bien. Mais bon, ce sont aussi mes souvenirs...

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